90’S

De HILL Jonah
Réalisation : HILL Jonah
Avec : Sunny Suljic, Lucas Hedges, Katherine Waterston

Durée : 1h 25min
Genre : Comédie, Drame
Pays : US

Avertissement : Avertissement Jeune Public

Synopsis
Dans le Los Angeles des années 90, Stevie, 13 ans, a du mal à trouver sa place entre sa mère souvent absente et un grand frère caractériel. Quand une bande de skateurs le prend sous son aile, il se prépare à passer l’été de sa vie…

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Entre lionceau et ange chiffonné, Stevie (Sunny Suljic, qui crève l’écran) est un môme de 13 ans qui porte en lui la vulnérabilité d’un enfant voulant jouer les hommes. Son grand frère, bloc de maniaquerie et d’inhibition, le cogne parfois. Stevie, pourtant, ne le craint pas. En son absence, et malgré son interdiction formelle, il n’hésite pas à pénétrer dans sa chambre, sorte de temple sacré, avec ses casquettes, ses maillots de sport et ses CD parfaitement rangés. Mais son culte à lui, il va le trouver ailleurs, dans la rue. Un jour, il remarque un groupe de skateurs, devant une boutique. Leur dégaine, leur insolence décontractée, leur virtuosité agissent comme un aimant. Il ne tarde pas à rejoindre cette tribu, composée de quatre garçons plus grands, plus âgés que lui.

Jonah Hill filme les joies et les excès d’un clan que lie la passion de la planche. Presque une raison de vivre, dont les gestes, les codes sont décrits de manière sensible, juste, cocasse. Les séquences révèlent toute la maladresse, la naïveté de l’enfant qui bascule dans l’adolescence, teste ses limites. Non sans transgression ni danger. La violence n’est pas esquivée, mais elle est mise à distance, comme dans un conte, un peu bizarre parfois, où le plaisir l’emporte malgré tout. Plaisir de la glisse sur le bitume, plaisir d’être en bande, plaisir de l’initiation sexuelle. Il y a quelque chose de l’utopie réalisée dans 90’s. Celle d’une période vécue comme une aventure bénie, digne d’être racontée, et dont le quintette aura pour toujours la nostalgie.

Telerama

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90’s n’est pas seulement un film sur le skate ; c’est le portrait une partie de la jeunesse désœuvrée de la middle class américaine.

Ce récit initiatique juvénile s’appuie sur des personnages en difficulté mais non démunis de solidarité et d’affection entre eux malgré les obstacles de leur vie, l’indifférence et parfois le rejet d’une société américaine qui les ignore et les laisse juste « survivre » sans se préoccuper le moins du monde de leur avenir.

Son naturel enchante et nous fait penser parfois que nous sommes au cœur d’un documentaire et non d’une fiction.

On sent chez le réalisateur un respect inébranlable pour l’esthétique et la liberté d’une époque dans laquelle il a vécu lui même : les années 90. Avec une playlist fédératrice et populaire (une bande son signée par le duo Trent Reznor et Atticus Ross), un grain d’image vintage, son sens portraitiste du cadre, une direction artistique qui sent bon les playground des 90’s, le grincements des skates, ce premier long métrage de Jonah Hill nous offre un récit qui transpire la transmission entre amis, avec ses rites de passage et son envie de se construire soi même, la vie en communauté et se faire respecter, ses premières cigarettes et sa découverte du corps, dans une époque où internet et le wifi ne faisaient pas partie de notre quotidien.