APOLONIA APOLONIA

De GLOB Léa
Coup de Cœur
Réalisation : GLOB Léa

Durée : 1h 55min
Genre : Documentaire
Pays : DK, FR, PL



Synopsis
Lorsque la réalisatrice danoise Lea Glob commence à filmer la peintre Apolonia Sokol, il ne devait s’agir que d’un exercice d’école de cinéma. Le portrait filmé s’est finalement tourné sur treize années pour se muer en une épopée intime et sinueuse, celle d’une jeune femme artiste, depuis sa vie de bohème au cœur du théâtre du Lavoir Moderne que dirigent ses parents, jusqu’à son ascension dans le milieu de l’art contemporain, en passant par ses études aux Beaux-Arts de Paris. Mais en miroir d’Apolonia, ce sont aussi les destins d’Oksana Shachko, l’une des fondatrices des Femen, et de la réalisatrice, qui se dessinent. Une sororité à trois faces, à l’épreuve du monde d’aujourd’hui.

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L’artiste Apolonia Sokol, invitée de Léa Salamé sur France Inter.

 

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“Apolonia, Apolonia” : la fascinante éclosion d’une artiste, esprit libre et sauvage

Durant treize ans, la réalisatrice Léa Glob a filmé l’artiste en devenir Apolonia Sokol. De ce portrait intime naît un fascinant jeu de miroirs entre âmes sœurs.

Elle a l’habitude de faire poser les autres. De les figer sur la toile à l’acrylique et au pinceau. Cette fois, le modèle, c’est elle : Apolonia Sokol, jeune artiste-peintre intense, vibrante et irrésolue, le regard vert souligné de sourcils sombres et l’énergie radicale de la vingtaine. Un personnage romanesque, brut et incandescent, dont la réalisatrice danoise Léa Glob a suivi et filmé la trajectoire ascendante pendant treize années, nouant avec elle une relation de sororité affectueuse qui irrigue ce vif portrait en mouvement.

On découvre Apolonia en 2013 dans la bohème un peu déglinguée du Lavoir Moderne Parisien, phalanstère remuant et foutraque qu’ont investi autrefois ses parents artistes et sur lequel cette théâtrale égérie veille comme le sanctuaire de son enfance. Entre précarité et nomadisme, une vie dont le moteur est déjà la peinture, et où gravitent des « âmes sœurs » comme Oksana, militante des Femen réfugiée en France, silhouette fragile et âme brisée d’apatride.

L’histoire d’une amazone moderne

Au centre du tableau, la fiévreuse « Api » avance à tâtons, avec sa présence magnétique. De son entrée aux Beaux-Arts de Paris à son départ pour Los Angeles, où elle est convoitée par un sulfureux mécène, d’une exposition dans une galerie branchée d’Istanbul à la couverture d’un magazine, on suit la lente éclosion de cette étoile montante de l’art, traversée par les doutes, mue par l’envie de percer sans se perdre, habitée par la création et rattrapée par les contingences matérielles.

Un esprit libre et sauvage, volontiers transgressif, qui ne craint pas la mise à nu et questionne sans tabou son non-désir d’enfant, ce souhait d’offrir son corps tout entier à la peinture. Dans un singulier jeu de miroirs entre l’autrice et son sujet, la maternité de la cinéaste s’invite dans le champ, promesse radieuse se muant en drame intime, et bouleversante mise en abyme de la création, gestation physique autant qu’artistique. De sa voix tendre, Léa Glob murmure l’histoire d’une amazone moderne qui peint les femmes comme les reines de leur temps. Et, sans rien cacher de sa fascination pour celle qu’elle regarde se mouvoir, brosse à son tour le portrait saisissant d’une jeune fille en feu.

Telerama