COUP DE TETE

De ANNAUD Jean-Jacques
Réalisation : ANNAUD Jean-Jacques
Avec : Patrick Dewaere, France Dougnac, Jean Bouise

Durée : 1h 30min
Genre : Comédie dramatique
Pays : FR



Synopsis
François Perrin est ailier droit dans l'équipe de football de la petite ville de Trincamp. Seulement il a un sale caractère. Le président du club est également le patron de l'usine où il travaille. Après un coup de gueule, il est renvoyé du terrain et perd son emploi à l'usine. Et pour corser le tout, il est accusé d'un viol qu'il n'a pas commis. Mais l'équipe doit jouer en coupe de France et ne peut absolument pas se passer de Perrin.

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« Coup de tête », sur L’Equipe TV : Jean-Jacques Annaud filme Patrick Dewaere en poète du foot

La comédie met en scène, en mode satirique, la lutte des classes sur le terrain sportif, avec un acteur alors au sommet de sa gloire.

 

François Perrin (Patrick Dewaere) dans « Coup de tête » (1979), de Jean-Jacques Annaud.

Coup de tête, deuxième long-métrage de ­Jean-Jacques Annaud, propose l’une des rares histoires de football mises en scène par le ­cinéma français. Que les amateurs ne se fassent pas d’illusions : Coup de tête n’est pas un hymne sportif, plutôt une satire, tour à tour lourdingue et acérée, d’une France provinciale aujourd’hui disparue, où un patron d’usine et de club (magnifiquement incarné par Jean Bouise) entretient « onze imbéciles pour en calmer huit cents ».

Cette vision désabusée confère au film d’Annaud une certaine ­désuétude qu’allège l’omniprésence de la vedette, Patrick Dewaere, dans le rôle de François Perrin. ­­C’est Dewaere qui fait de Coup de tête un film souvent allègre qui s’extrait de sa gangue provinciale pour s’en aller sur les chemins de traverse.

En 1979, l’acteur est au sommet de sa gloire. Contrairement à Gérard Depardieu, arrivé à la notoriété en même temps que lui grâce aux Valseuses (1974), de Bertrand Blier, Dewaere flirte avec le cinéma populaire, tournant avec Pierre Granier-Deferre, Yves Boisset ou Georges Lautner. Quand il va voir du côté d’auteurs plus prestigieux, il passe souvent les Alpes, travaillant pour Risi, Comencini, ­Bellocchio.

Enfin, Dewaere ne ­dédaigne pas les jeunes – à l’époque – cinéastes français. Il a donc accepté de tourner dans le deuxième film d’Annaud, qui a remporté, en 1977, l’Oscar du meilleur film en langue étrangère pour La ­Victoire en chantant et s’apprête à mettre en chantier l’adaptation de La Guerre ­du feu, de J.-H. Rosny aîné.

Regards rêveurs

Le scénario de Francis Veber campe l’opposition entre François Perrin, ouvrier qui joue dans la réserve du club de Trincamp, et les dirigeants de ce club affolés par l’ascension de leur formation en Coupe de France. Perrin, forte tête, se fait renvoyer de l’équipe et de l’usine. Inculpé pour viol après le faux ­témoignage de deux commerçants, ­il est emprisonné. Mais à quelques heures d’un match décisif, sa présence sur le terrain se révèle indispensable, et les notables sont obligés d’aller à Canossa. Perrin donne la victoire à son camp. Entouré d’une ferveur populaire qui le rend invulnérable, il entreprend de rétablir l’équilibre entre classes sociales.

Le jeu de Patrick Dewaere, lors des ­séquences de match, se révéla catastrophique, comme le racontait, dans les colonnes du Monde, ­Lucien Denis, joueur de l’AJ Auxerre qui doubla l’acteur. A l’écran en revanche, poétique, légèrement décalé, l’acteur tenait un tempo très particulier, fait de ­pauses un peu étirées, de regards ­rêveurs précédant des éruptions.

Coup de tête ne résout pas l’équation entre foot et cinéma, restée invaincue à ce jour. Au-delà des quelques jolis moments de comédie qu’il offre, sa peinture des rapports de classe montre un pays qui dit adieu avec regret à un vieil ordre patriarcal, mettant ses pas, avec un peu de réticence, dans ceux d’un garçon qui ne sait pas très bien où il va.

Le Monde