FRANZ K

De Agnieszka Holland
Réalisation : Agnieszka Holland
Avec : Idan Weiss, Stark, peter Kurth

Durée : 2h 7min
Genre : Biopic, Drame, Historique
Pays : CZ, PL

Avertissement : Avertissement Jeune Public

Synopsis
De son enfance à Prague jusqu’à sa disparition à Vienne, le film retrace le parcours de Franz Kafka, un homme déchiré entre son aspiration à une existence banale et son besoin irrépressible d’écrire, marqué par des relations amoureuses tourmentées.

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Avec “Franz K.”, Agnieszka Holland signe un portrait kaléidoscopique et inspiré de Franz Kafka

À travers un récit fragmenté, aux multiples narrateurs, la réalisatrice parvient à saisir les diverses facettes de l’écrivain tchèque. Un biopic singulier qui bénéficie d’un jeune interprète formidable.

Tout artiste majeur, écrivain ou rock star du XXᵉ siècle, est désormais promis à être une marchandise comme une autre. Cette récupération, Agnieszka Holland l’illustre elle-même de manière ironique, en montrant comment l’auteur mythique du Procès et de La Métamorphose est devenu dans le Prague d’aujourd’hui une attraction touristique, à travers musée, circuit, boutique de souvenirs. Une situation pour ainsi dire « kafkaïenne ». Naviguer entre les époques, laisser libre cours à une forme éclatée proche du kaléidoscope, plutôt que se plier à une narration linéaire, c’est le parti pris adopté par la réalisatrice de Green Border. Qui cherche surtout à saisir l’aspect multifacette de l’écrivain tchèque de langue allemande, souvent réduit à une image d’introverti angoissé.

La vivacité, c’est au contraire le trait dominant ici. Une vivacité fébrile qui donne à Kafka un air d’oiseau. Le film éclaire son travail d’employé d’assurance, sa vocation d’écrivain, son rapport étrange au monde, son lien avec deux femmes intelligentes, celle qu’il a failli épouser sans amour, Felice Bauer, et celle qu’il a aimé passionnément, Milena Jesenska. On le voit surtout dans le cadre familial, écrasé par un père mal aimant qui espérait d’autres choses de lui, choyé et admiré par sa sœur cadette. Soutenu par une succession de narrateurs différents, le récit est aussi rapide que fragmenté, parfois trop allusif — quiconque ne connaît pas exactement le rôle de Max Brod, l’ami et l’exécuteur testamentaire qui a sauvé les manuscrits de la destruction, risquera d’être perdu.

Franz K. est pourtant moins un film pour happy few qu’un exercice d’admiration, une sorte de jeu créatif, visuel et musical, qui s’inspire de l’homme et de ses romans. Et qui laisse bien transparaître son imaginaire et ses obsessions — la condamnation à l’échec, la sensation d’être en permanence dérangé ou englué dans un mauvais rêve. Agnieszka Holland a surtout trouvé en la personne d’Idan Weiss, jeune acteur allemand quasi inconnu jusque-là, un interprète idéal. Il ressemble physiquement à Kafka et lui donne une expressivité singulière, à la fois rieuse et mélancolique, entre la gaieté d’un enfant et le masque de Buster Keaton. Il apporte au film, qui se garde bien de tout pathos, son étrange tonalité, entre le gâchis et la magie.

Telerama