FUORI
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Le nouveau film de Mario Martone, Fuori, au cinéma ce mercredi 3 décembre, ressuscite la figure de Goliarda Sapienza, l’autrice italienne du célèbre L’Art de la joie, en explorant sa relation avec une certaine Roberta, rencontrée en prison.
Malgré une bonne trentaine de films à son actif, le réalisateur italien Mario Martone trouve encore, avec Fuori, le moyen de surprendre. Avec cette chronique intime à l’écho féministe, il ressuscite la comédienne et écrivaine italienne Goliarda Sapienza, connue pour L’Art de la joie, immense succès littéraire publié de façon posthume en 1998.
Ce n’est toutefois pas tant sur ce roman que Fuori se concentre, mais plutôt sur L’Université de Rebbibia et Les Certitudes du doute, deux autres livres moins connus et plus autobiographiques dans lesquels l’écrivaine, morte en 1996, couche sur papier une période-clé de sa trajectoire singulière. Le film débute sur son incarcération pendant cinq jours après qu’elle a dérobé des bijoux à une connaissance… Nous sommes en 1980, et Goliarda Sapienza est alors ruinée. Jamais voyeuriste, la caméra de Mario Martone montre alors des scènes de vie au sein du pénitencier pour femmes où elle est enfermée.
Une femme libre
Le film s’attarde surtout sur l’après-prison – « fuori » signifie « dehors » en italien –, alors que Goliarda reprend contact avec Roberta, une jeune détenue héroïnomane, électron libre au passé trouble. Entre les deux femmes se noue une relation aux couches multiples : on y distingue du respect, de la fascination, parfois une amitié très forte, d’autres fois un potentiel amoureux… Là où sa cadette semble être taraudée par la naissance d’un désir lesbien qu’elle peine à apprivoiser, Goliarda, elle, apparaît comme ouverte, prête à expérimenter.
C’est à travers elle que Fuori prend tout son sens. Interprété avec maestria par Valeria Golino (Portrait de la jeune fille en feu), le personnage devient vite source d’inspiration dans sa manière de jouir d’une liberté que son époque n’encourage pas. Passée de comédienne à écrivaine, associée au mouvement socialiste anarchiste de son pays, un temps coupée du monde pour se consacrer à son art, Goliarda Sapienza apparaît comme une figure insaisissable, indéniablement queer, qui se laisse porter par ses envies et ses instincts.
Têtu

