GLORIA !

De VICARIO Margherita
Coup de Cœur
Caméo
Réalisation : VICARIO Margherita
Avec : Galatea Bellugi

Durée : 1h 46min
Genre : Drame, Historique, Musical
Pays : IT



Synopsis
Venise, au 18ème siècle. A l'Institut Sant'Ignazio, orphelinat et conservatoire pour jeunes filles, tout le monde s'agite en vue de la visite imminente du nouveau Pape et du grand concert qui sera donné en son honneur. Teresa, jeune domestique silencieuse et solitaire, fait alors une découverte exceptionnelle qui va révolutionner la vie du conservatoire : un piano-forte.

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“Gloria !” : la douce mélodie de l’émancipation

Au XVIIIe siècle, dans un internat pour jeunes filles de la noblesse vénitienne, une servante dotée de l’oreille absolue se libère à travers la musique. Premier film galvanisant de Margherita Vicario.

 

Teresa (Galatéa Bellugi), servante dotée de l’oreille absolue.

Une énergie dansante traverse ce premier film d’une jeune Italienne qui signe aussi des œuvres musicales. Ses recherches l’ont amenée à s’intéresser aux orphelinats où, dans la Venise du XVIIIe siècle, des jeunes filles recevaient une éducation digne des meilleurs conservatoires. Avec beaucoup de spontanéité, Margherita Vicario reconstitue l’époque, utilisant simplement des bâtiments anciens et de jolis costumes. L’important sera d’avoir l’oreille ! Celle de la servante Teresa (formidable Galatéa Bellugi) est si fine qu’elle transforme en symphonie rythmique tous les bruits qui l’entourent. Le jour où elle découvre un pianoforte, instrument sacrilège caché dans ce lieu saint qu’est l’orphelinat, elle se met à inventer des musiques diaboliquement modernes. Et attire les jeunes pensionnaires de l’établissement, qui ont envie de chanter, de composer, plus classiquement mais aussi audacieusement.

Il s’agit de fêter la créativité musicale féminine et de la libérer, en ne reculant pas devant la fantaisie, du carcan d’un monde où la gloire n’appartient qu’aux hommes. En l’occurrence, un prêtre qui va être chargé d’écrire la plus belle des partitions pour la visite du pape Pie VII. Mais ce prêtre cache qu’il a perdu l’inspiration, comme il cache sa faiblesse ruineuse pour un chanteur gigolo qui lui dit « Tu es mon maestro ».

La comédie permet de régler son compte au patriarcat sans en faire un plat. C’est l’identification avec ses héroïnes qui guide la réalisatrice. Elle réussit ses plus belles scènes en mêlant la dynamique sonore et le tempo donné à l’image par un montage alerte. Le cinéma devient tremplin vers la sensation des voix, des instruments. Cette forme d’émulation fait de Gloria ! un film qui, en dépit de quelques faiblesses et approximations, séduit par sa volonté d’être utile et de galvaniser les jeunes musiciennes d’aujourd’hui, dans une joie communicative.

Telerama