HORIZON : UNE SAGA AMERICAINE – CHAPITRE 1

De COSTNER Kevin
Réalisation : COSTNER Kevin
Avec : Kevin Costner, Sienna Miller, Sam Worthington

Durée : 3h 0min
Genre : Drame, Western
Pays : US



Synopsis
Sur une période de 15 ans avant et après la Guerre de Sécession. L'expansion vers l'Ouest est semée d'embûches qu'il s'agisse des éléments naturels, des interactions avec les peuples indigènes qui vivaient sur ces terres et de la détermination impitoyable de ceux qui cherchaient à les coloniser...

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Kevin Costner à Cannes : le western dans la peau

Depuis ses premiers rôles, la carrière de l’acteur-réalisateur de “Danse avec les loups” tourne autour du western. Il revient cette année sur la Croisette avec une fresque historique ambitieuse sur la conquête de l’Ouest.

 

Kevin Costner dans le premier chapitre de « Horizon : An American Saga ».

 

Serait-il né dans une diligence ? C’est en tout cas le western qui a fait naître Kevin Costner. Souvenez-vous, en 1985, dans Silverado, de Lawrence Kasdan, son premier rôle marquant. Jonglant avec ses deux colts, il y interprétait un hors-la-loi juvénile, le petit frère fougueux de Scott Glenn. Les frangins partaient avec deux autres gentils gredins dans une aventure plus ou moins pittoresque, mais qui avait pour mérite de relancer un genre totalement moribond. Le réalisateur s’acquittait au passage d’une dette envers le pauvre Costner, bon garçon aux yeux bleus qui avait joué le suicidé des Copains d’abord, dans des flash-back supprimés au montage. Dix ans plus tard, c’est encore Kasdan qui lui offrira le premier rôle de Wyatt Earp, histoire vraie du shérif le plus connu de l’Ouest et du duel légendaire à OK Corral. Le film était un pensum. Mais il confirmait que Costner était parfait pour monter à cheval, porter le stetson et faire barrage à la sauvagerie.

Un autre film, bien plus marquant celui-ci, a forgé à jamais cette image positive de Kevin Costner : Danse avec les loups (1990), fresque magnifique qu’il a lui-même mise en scène, à une époque où le passage derrière la caméra des stars n’était pas si fréquent. Il y incarne le lieutenant Dunbar, affecté dans un fort abandonné du Colorado et qui devient au fil des jours l’ami des loups puis des Sioux. Avec ce grand western humaniste, Costner rend hommage à la culture et à la langue du peuple sioux, tout en témoignant clairement de l’horreur génocidaire. Un geste de repentance fort, pour cet Américain qui parle le lakota et a du sang cherokee, par son grand-père paternel. Dès ce premier film, il s’affirme comme un réalisateur de talent, tant dans la mise en valeur des paysages que dans l’orchestration des scènes d’action, entre folles chevauchées et charge de bisons spectaculaire !

Le succès du film (auréolé de sept Oscars !) aurait pu garantir à ce John Wayne démocrate un avenir au soleil. Il n’en a rien été, l’idéaliste ayant fâcheusement tendance à succomber à la folie des grandeurs. Il produit d’abord Waterworld (1995), de Kevin Reynolds, « Mad Max aquatique », à l’origine d’un véritable gouffre financier. Loin d’être échaudé, il remonte en selle pour redorer son blason de héros américain avec Postman, simili-western post-nucléaire. Nouveau bide. Costner mord la poussière, est en passe d’être has been.

Une épopée en plusieurs chapitres

Il renaît pourtant de ses cendres avec Open Range (2003), où il démythifie le Far West en interprétant un cow-boy au sens strict, à savoir un garçon vacher, violent et verrouillé de l’intérieur, qui s’émancipe au contact de la belle Annette Bening. Depuis, la star a fait diverses choses, sans jamais tout à fait quitter son jean et ses bottes, même comme chanteur – de country-rock ! Il a recouvré récemment le succès en patriarche ambivalent d’un ranch du Montana, aussi machiavélique que père aimant, dans la série Yellowstone.

Et voilà qu’à 69 ans le pistolero progressiste nous revient au Festival de Cannes, comme acteur-metteur en scène d’une nouvelle fresque historique, avec vue sur la piste de Santa Fe et les montagnes du Wyoming : Horizon : An American Saga, présenté hors compétition. Rien de moins que la conquête de l’Ouest, racontée avant et après la guerre de Sécession, à travers une mosaïque de personnages, allant des pionniers en convoi aux Amérindiens. Dans le casting, à ses côtés : Sienna Miller, Sam Worthington, Luke Wilson, Will Patton… Costner, exactement comme Coppola, a mis beaucoup d’argent de sa poche (une cinquantaine de millions de dollars !) pour produire cette épopée en plusieurs chapitres. Celui qu’on verra à Cannes dure trois heures – deux autres suivront, pour une durée totale de dix heures ! Autant dire un mastodonte, aussi prometteur que périlleux…

Telerama