INCHALLAH UN FILS

De AL RASHEED Amjad
Coup de Cœur AFCAE
Réalisation : AL RASHEED Amjad
Avec : Mouna Hawa, Haitham Ibrahem Omari, Yumna Marwan

Durée : 1h 53min
Genre : Drame
Pays : JO



Synopsis
Jordanie, de nos jours. Après la mort soudaine de son mari, Nawal, 30 ans, doit se battre pour sa part d’héritage, afin de sauver sa fille et sa maison, dans une société où avoir un fils changerait la donne.

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“Inchallah un fils”, un remarquable drame féministe qui combat les violences sexistes

Le Jordanien Amjad Al Rasheed signe un brillant premier film porté par une actrice habitée.

Terre d’accueil de super-productions hollywoodiennes (Dune 1 et 2 de Denis Villeneuve y ont par exemple été tournés, tout comme Prometheus de Ridley Scott, et plus anciennement Indiana Jones et la Dernière Croisade ou Lawrence d’Arabie) mais aussi de films provenant de pays voisins où la censure règne (comme pour Les Nuits de Mashhad, d’Ali Abbasi), la Jordanie se construit depuis moins d’une dizaine d’années une cinématographie propre, avec des titres comme Theeb, de Naji Abu Nowar, sélectionné à la Mostra et aux Oscars, ou 3000 Nuits de Mai Masri, salué par le maître du réalisme social Ken Loach.

Ce genre est d’ailleurs celui de ce premier film d’Amjad Al Rasheed, sélectionné à la Semaine de la critique l’an dernier, ce qui a fait date puisqu’avant cela, jamais un long métrage jordanien n’avait été présenté à Cannes.

Inchallah un fils raconte le parcours combatif de Nawal, mère courage d’une fillette qui, après le décès de son mari, doit faire face à une loi patriarcale disant qu’en l’absence d’héritier masculin, les propriétés de l’époux défunt sont réparties entre ses frères et sœurs. Menacée de perdre son logement, elle mène une stratégie de l’autruche, bataillant contre son beau-frère, tout en aidant la fille de sa patronne à avorter d’un mari violent.

Sans misérabilisme

Entre celle qui a besoin d’un fils pour garder un toit et celle qui n’en veut pas pour ne pas perpétuer la tradition patriarcale, les désirs s’opposent mais la souffrance converge. C’est la même société phallocratique qui condamne ces femmes à la clandestinité, à la précarité, au silence et à la soumission. Inchallah un fils décrit avec précision la façon dont la violence sexiste est à la fois institutionnelle, machiste, mais aussi relayée par certaines femmes de pouvoir.

Porté par une actrice habitée (Mouna Hawa), le film touche, sans jamais être misérabiliste, et aborde même du bout des lèvres le sujet de la sexualité des femmes musulmanes jordaniennes. Bien que doté d’une mise en scène plutôt convenue, ce premier long brille par la justesse de son parti pris féministe.

Les Inrockuptibles