LA NOUVELLE FEMME

De TODOROV Léa
Réalisation : TODOROV Léa
Avec : Jasmine TRINCA, Leïla BEKHTI

Durée : 1h 40min
Genre : Drame historique
Pays : FR



Synopsis
En 1900, Lili d’Alengy, célèbre courtisane parisienne, a un secret honteux - sa fille Tina, née avec un handicap. Peu disposée à s’occuper d’une enfant qui menace sa carrière, elle décide de quitter Paris pour Rome. Elle y fait la connaissance de Maria Montessori, une femme médecin qui développe une méthode d’apprentissage révolutionnaire pour les enfants qu’on appelle alors « déficients ». Mais Maria cache elle aussi un secret : un enfant né hors mariage. Ensemble, les deux femmes vont s’entraider pour gagner leur place dans ce monde d’hommes et écrire l’Histoire.

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“La Nouvelle Femme”, de Léa Todorov : aux origines de la méthode Montessori

La pédagogue Maria Montessori et une courtisane parisienne. Deux mères honteuses… que tout oppose ? Une rencontre imaginaire interprétée avec passion par Jasmine Trinca et Leïla Bekthi. Et un tableau édifiant des mentalités dans les années 1900.

 

Leïla Bekhti et Jasmine Trinca dans « La Nouvelle Femme », de Léa Todorov.

Mais que font côte à côte une cocotte du Paris 1900 et Maria Montessori (1870-1952), médecin à l’origine de la fameuse pédagogie qui porte son nom ? L’élégante courtisane Lily d’Alengy est allée jusqu’à Rome pour cacher sa fille, qui souffre d’un handicap mental et qu’elle n’a jamais pu aimer. Elle s’en débarrasse en la confiant à un institut où travaille une femme qui, elle, veut tout faire pour aider ces enfants qu’on dit déficients, ou tout bonnement idiots. Mais, malgré sa vision moderne, généreuse et affranchie des préjugés, Maria Montessori est, elle aussi, une mère honteuse, qui a placé chez une nourrice le fils qu’elle n’a pas pu reconnaître, n’ayant pas voulu se marier.

À travers cette rencontre imaginaire, la réalisatrice de ce premier film livre à la fois un tableau très intéressant des mentalités d’une époque et des émotions qu’on devine plus personnelles. Celles-ci grandissent à mesure que le sentiment maternel renaît en chacune des deux femmes que tout semblait séparer. Leur rapprochement apporte une intensité progressive à un récit d’abord un peu timide. Comme ses héroïnes, Léa Todorov affirme son propos progressivement.

Chez Lily d’Angely, elle montre le rejet de la différence et l’affection impossible (joués avec courage par Leïla Bekthi), puis l’acceptation d’un lien aussi fragile que profond avec sa fille. Chez Maria Montessori (passionnément interprétée par Jasmine Trinca), elle trouve une force à la fois intellectuelle et sensible, mise au service de la défense de l’enfant envers et contre tout. Des mots importants résonnent, créent un effet d’écho entre la libération de l’éducation et celle des femmes, hier et aujourd’hui. Sérieux et documenté, même s’il s’en tient aux origines de la méthode Montessori, le film séduit aussi par la manière dont y évoluent des enfants réellement touchés par un handicap, filmés avec grâce et amour.

Telerama