LE CHANT DES FORETS

De Vincent Munier
Coup de Cœur AFCAE
Film Vert
Réalisation : Vincent Munier
Avec : Michel Munier, Vincent Munier et Simon Munier

Durée : 1h 34min
Genre : Documentaire, Jeune public
Pays : FR


à partir de 9 ans

Synopsis
Après La Panthère des neiges, Vincent Munier nous invite au coeur des forêts des Vosges. C’est ici qu’il a tout appris grâce à son père Michel, naturaliste, ayant passé sa vie à l’affut dans les bois. Il est l’heure pour eux de transmettre ce savoir à Simon, le fils de Vincent. Trois regards, trois générations, une même fascination pour la vie sauvage. Nous découvrirons avec eux cerfs, oiseaux rares, renards et lynx… et parfois, le battement d’ailes d’un animal légendaire : le Grand Tétras.

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Le photographe animalier français Vincent Munier revient sur les écrans avec un deuxième film documentaire, Le Chant des forêts , qui le ramène là où a grandi : dans les forêts et les montagnes des Vosges, à l’est de la France. Il a notamment gagné le prix Wildlife Photographer of the Year du Musée d’histoire naturelle de Londres, très convoité (ce trophée est même largement considéré comme le plus prestigieux du monde dans ce domaine), en 2000, 2001 et 2002, ce qui fait de lui le premier à avoir décroché cet honneur trois années d’affilée. Dans le monde du cinéma, Munier est peut-être plus connu pour avoir co-réalisé le documentaire La Panthère des neiges, qui a remporté le César du meilleur documentaire. Le Chant des forêts vient de faire sa première mondiale dans le cadre de la compétition documentaire du Festival de Zurich.

Munier a fait sa spécialité des écosystèmes polaires et enneigés. De fait, on ne saurait s’étonner que les moments où les paysages de son nouveau film sont blancs soient les plus beaux – des images qui sont presque à l’opposé de celles, plus sombres, qui ouvrent et ferment le documentaire, où l’on voit des conifères dans le brouillard. Munier est connu non seulement pour avoir passé des années à documenter la vie de la panthère des neiges, mais aussi pour son travail sur le loup arctique. Cette fois, il a recours à la structure d’une histoire réunissant plusieurs générations (à travers lui-même, son père Michel et son fils de 12 ans, Simon), qui crée un point d’ancrage et une discrète intrigue, tandis qu’ils recherchent le Grand Tétras, ou Grand coq de bruyère, très difficile à repérer. Le réalisateur (qui a aussi assuré en partie, avec trois autres collègues, la photographie du film) présente des scènes éclairées à la chandelle où ils sont tous les trois dans un chalet au cœur des Vosges, en se concentrant sur son père en train de raconter à son fils des histoires sur les secrets de la forêt.

Il est clair que Munier souhaite avant tout à travers ce film présenter les images splendides qu’il a filmées, et c’est compréhensible : il arrive à saisir des moments de la vie animale que seul l’œil d’un photographe aguerri peut cueillir. Passant de majestueux à adorable en quelques instants, il arrive même à anticiper la sortie des oiseaux de leurs niches – à un moment, il parvient à filmer en même temps trois espèces différentes habitant le même tronc d’arbre (deux oiseaux et un rongeur).

Au-delà de nous faire entendre les paysages sonores magnifiquement complexes de la forêt, Munier fait aussi le choix d’augmenter significativement le volume à des moments spécifiques, pour attirer notre attention sur la puissance à l’état pur et le caractère distinctif du cri de chaque animal : le grognement d’un cerf, le claquetement bruyant des grues ou encore le chant métronomique du Grand Tétras, pour n’en citer que quelques-uns. Le film bénéficie aussi de l’admiration instinctive du spectateur, forcément impressionné par les créatures de la forêt, qu’il envisage peut-être avec une curiosité teintée d’anthropomorphisme, notamment les oiseaux de petite taille (particulièrement les chouettes) qui apparaissent tout du long.

En se renseignant davantage sur Munier au-delà du film, on apprend que son père et d’autres membres de sa famille ont travaillé (et continuent de le faire) à la protection de la nature vosgienne, d’où son lien très profond avec ces lieux. Cependant, dans son effort pour que le film reste assez minimaliste, il omet de nous fournir les éléments de contexte nécessaires pour qu’on soit captivé par ses personnages, qui restent de simples ébauches tout au long des 90 minutes que dure le film – bien qu’heureusement, les conversations ne donnent jamais l’impression d’avoir été mises en scène. De fait, quand arrive la fin du Chant des forêts, on se demande si ces magnifiques images n’auraient pas été mieux servies par un autre format que celui du long-métrage, aussi absolument captivantes qu’elles puissent être.

Cineuropa

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Podcast France Inter / « J’ai voulu réveiller cette grande sensibilité qui s’est endormie en nous » Vincent Munier