ORLANDO MA BIOGRAPHIE POLITIQUE

De B PRECIADO Paul
Coup de Cœur
Réalisation : B PRECIADO Paul

Durée : 1h 38min
Genre : Documentaire
Pays : FR



Synopsis
En 1928, Virginia Woolf écrit Orlando, le premier roman dans lequel le personnage principal change de sexe au milieu de l’histoire. Un siècle plus tard, l’écrivain et activiste trans Paul B. Preciado décide d’envoyer une lettre cinématographique à Virginia Woolf : son Orlando est sorti de sa fiction et vit une vie qu’elle n’aurait jamais pu imaginer.

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« Orlando, ma biographie politique », Paul et Virginia

 

 

Sélection  Primé à Berlin, le premier documentaire du philosophe Paul Preciado est une relecture malicieuse d’un livre de Virginia Woolf qui décrit en creux la condition des personnes trans et non binaires.

En 1928, sans le savoir, Virginia Woolf a écrit la biographie du philosophe Paul B. Preciado, qui n’était pourtant pas encore né, loin de là. Titre de ce livre visionnaire ? « Orlando », ou l’histoire d’un jeune noble à la cour d’Elisabeth Ie qui traverse les siècles en changeant de genre.

Pour l’auteur de « Testo junkie », le chef-d’œuvre de Woolf raconte sa vie et celle de toutes les personnes trans et non binaires. Avec intelligence et humour, il montre dans son premier documentaire, prix spécial du jury à la Berlinale cette année, comment l’âme voyageuse d’Orlando a migré dans les corps queers du XXIe siècle.

Figure en perpétuelle métamorphose, le personnage de Woolf est incarné chez Preciado par une vingtaine d’acteurs et actrices de tous âges, genres et couleurs de peau, dont la chanteuse Yanis ou la physionomiste légendaire du Palace Jenny Bel’Air. Une collerette blanche élisabéthaine, ajoutée aux sweat-shirts contemporains, suffit à identifier Orlando.

Hybridation en série

Tel un passage de témoin, cet accessoire qui passe de l’un.e à l’autre symbolise une forme de solidarité et surtout la nécessité d’une transmission de l’histoire trans. A ses plans tour à tour bucoliques, kitsch ou poétiques, Preciado mêle des images d’archives, montrant les pionnières de la lutte pour les droits des personnes trans, comme la chanteuse Coccinelle ou l’activiste Marsha P. Johnson.

Tout est hybridation dans le film. Les mots de Preciado et ceux de ses interprètes s’incorporent aux phrases de Virginia Woolf ; la trame de leurs existences se tisse à celle d’Orlando. Hormones, psychiatrie (géniale participation de Frédéric Pierrot, inoubliable psy de la série « En thérapie », ici dans le rôle du docteur E. Reine), opérations chirurgicales, transphobie…

Le documentaire aborde ces aspects souvent douloureux de la transition, mais domine un jubilatoire sentiment de libération, jusqu’à la liesse finale avec une apparition surprise que l’on ne révélera pas. « Nous n’opérons jamais sur les corps individuels, nous opérons sur l’histoire politique. C’est le régime de la différence sexuelle qu’il faut opérer. » Pour Preciado, « Orlando » est plus qu’un livre ou un film, c’est une révolution en marche, belle et joyeuse.

Le Nouvel Obs