TEHACHAPI

De JR
Caméo
Réalisation : JR

Durée : 1h 32min
Genre : Documentaire




Synopsis
Les Etats-Unis représentent 4,2% de la population mondiale et 20% des détenus dans le monde. En octobre 2019, l'artiste JR obtient l'autorisation sans précédent d'intervenir dans l’une des prisons de haute sécurité les plus violentes de Californie : Tehachapi. Certains détenus y purgent des peines à perpétuité pour des crimes commis alors qu’ils n’étaient que mineurs. À travers son projet de fresque, JR rassemble les portraits et les histoires de ces hommes, offrant un regard différent sur le milieu carcéral et apportant un message d'espoir et de rédemption possible.

Réservation : pour acheter votre place à l’avance, cliquez sur l’horaire de la séance

[tableau_seances_combine]

“Tehachapi” : JR filme une magnifique histoire de fraternité en milieu carcéral

Immergé parmi des détenus réputés ultra violents d’une prison californienne, l’artiste français porte sur eux un regard fraternel.

 

 

On se souvient de ses balades heureuses avec Agnès Varda, sur les routes de France, vers les émerveillements nouveaux de Visages, villages (2017). En 2019, après la mort de sa marraine de cinéma, JR a repris une caméra pour aller ailleurs, dans un monde terriblement sombre, la prison de haute sécurité de Tehachapi, en Californie. Les détenus en portent le climat de violence jusque dans leurs corps massifs, taillés pour le combat. Ces hommes condamnés à de très lourdes peines semblent des forteresses eux-mêmes : fermés et menaçants, leurs visages ne sont pas des paysages. Sur le sien, Kevin a fait tatouer une croix gammée.

En allant à leur rencontre, l’artiste français se risque à un rêve qui paraît, dans cet univers cauchemardesque, vraiment audacieux : coller des portraits géants des prisonniers dans la cour où ils tournent en rond. Si le geste de JR a toujours consisté à faire entrer les autres (passants, anonymes, habitants de partout) dans ses créations, Tehachapi en offre la version la plus radicale. Et montre avec force ce que cette démarche permet. Les portraits de détenus ouvrent à ceux-ci un face-à-face avec l’homme qu’ils ont été et celui qu’ils voudraient être. Sans plus de croix gammée sur le visage, décide Kevin. Comme lui, d’autres s’affirment de façon nouvelle, en se racontant. Des moments d’exception, profondément émouvants.

Il faut saluer le tact de JR, qui a su mener avec intelligence cette expérience très séduisante sur le plan artistique, mais très délicate sur le plan humain. Sans faire un documentaire politique, le cinéaste, qui se devait de travailler en bonne entente avec l’institution pénitentiaire, a réussi à pointer la dureté de la vie carcérale. Il y oppose la possibilité de retrouver un lien, avec soi-même et avec les autres. Celui qu’il crée avec les détenus, par-delà les jugements, est plein de vie et fait de Tehachapi une magnifique histoire de fraternité.

Telerama