WHEN EVIL LURKS

De RUGNA Demian
Réalisation : RUGNA Demian
Avec : Ezequiel Rodríguez, Silvina Sabater, Luis Ziembrowski

Durée : 1h 40min
Genre : Epouvante-horreur, Fantastique
Pays : AR, US

Avertissement : Interdit -16

Synopsis
Après avoir découvert un cadavre mutilé près de leur propriété, deux frères apprennent que les événements étranges survenant dans leur village sont causés par un esprit démoniaque qui a élu domicile dans le corps purulent d'un homme. Le mal dont souffre ce dernier ne tarde pas à se répandre comme une épidémie, affectant d'autres habitants de la région.

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“When Evil Lurks” : du gore à l’allusion glaçante, Demián Rugna joue toute la gamme de l’effroi

Quand le Mal rôde dans la pampa argentine, folie et violence déferlent. Prix du public au festival de Gérardmer, le sixième film du réalisateur est aussi une métaphore efficace et sanglante des ravages de l’agriculture intensive.

 

Une jolie fillette (Lucrecia Nirón Talazac) et son charmant toutou. Dans un film interdit aux moins de 16 ans.

Dans leur ferme, les deux frères ont sorti leurs fusils : au cœur de la nuit, des coups de feu résonnent, trouant le silence d’une campagne immense, en Argentine. L’ombrageux Pedro est d’avis qu’il est préférable d’attendre l’aube pour sortir. Mais le Mal ne recule pas devant la lumière du jour. Telle est la loi de ce film qui, en osant montrer l’horreur sans fard, a créé la sensation, de Buenos Aires au festival de Gérardmer – où les fans du cinéma fantastique lui ont décerné le prix du public. La relation avec le spectateur guide cette sixième réalisation d’un spécialiste du genre qui fait preuve de beaucoup de maîtrise et d’un sang-froid autorisant toutes les audaces.

Avec son lot de boucheries incontournables, When Evil Lurks cherche aussi l’extrême dans l’âme d’un monde rural où la connaissance des forces démoniaques ne semble manquer à personne. Mais à quoi bon connaître les six règles qui permettent d’éloigner le Mal quand on oublie la septième, comme la vieille mère de Pedro ? Une humanité complice du malheur s’abattant sur elle est racontée à travers le personnage de ce fermier violent, qui avait voulu emporter ses deux fils avec lui dans la mort, et voudrait maintenant les sauver du démon à l’œuvre dans la région.

Un scénario furieusement provoquant.

L’agriculture intensive et l’usage des pesticides mortifères sont, selon le réalisateur, le Mal que l’Argentine laisse se répandre. Cette dimension de fable écologique disparaît, à vrai dire, sous les effets de ce qui s’impose au premier plan : la folie. Elle est la première manifestation des maléfices, elle s’empare des animaux, puis des hommes, et règne ici sur un scénario furieusement provoquant.

Les enfants n’y sont pas épargnés et leur sort cruel devient le symbole d’un film qui, sur le thème ressassé des diableries, veut nous arracher à la torpeur des clichés et des conventions – ce qui lui vaut une interdiction aux moins de 16 ans. Ce traitement de choc impressionne tant qu’on est heureux de retrouver, dans la dernière partie, un monde presque classique de petites têtes blondes possédées. Avec le génie du Mal dont la naissance est attendue, surgit alors un imaginaire qui rappelle le meilleur du cinéma fantastique des années 1970. De la violence brutale d’aujourd’hui à un envoûtement à l’ancienne, voilà un brillant tour de piste de tout ce que la peur permet.

Telerama