LE CHANT DES FORETS

De Vincent Munier
Coup de Cœur AFCAE
Film Vert
Réalisation : Vincent Munier
Avec : Michel Munier, Vincent Munier et Simon Munier

Durée : 1h 34min
Genre : Documentaire, Jeune public
Pays : FR


à partir de 8 ans

Synopsis
Après La Panthère des neiges, Vincent Munier nous invite au coeur des forêts des Vosges. C’est ici qu’il a tout appris grâce à son père Michel, naturaliste, ayant passé sa vie à l’affut dans les bois. Il est l’heure pour eux de transmettre ce savoir à Simon, le fils de Vincent. Trois regards, trois générations, une même fascination pour la vie sauvage. Nous découvrirons avec eux cerfs, oiseaux rares, renards et lynx… et parfois, le battement d’ailes d’un animal légendaire : le Grand Tétras.

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“Le Chant des forêts” : la splendide quête de Vincent Munier dans ses Vosges natales, à l’affût du vivant

Quatre ans après “La Panthère des neiges”, le photographe enchante avec cette immersion poétique, ode à la nature autant qu’éloge de la transmission.

Il y a quatre ans, on quittait Vincent Munier sur les hauts plateaux du Tibet, au terme d’une longue partie de cache-cache avec un félin furtif. Errance enneigée et manifeste de vie contemplative, La Panthère des neiges, aventure dans laquelle il avait embarqué Sylvain Tesson et Marie Amiguet, avait infusé largement son charme hypnotique et la grâce de ses plans épurés. Cette fois, c’est tout près de chez lui, dans ces forêts vosgiennes qui l’ont vu grandir et s’enamourer du vivant, que le photographe naturaliste invite à le suivre. Pour une promenade intime et poétique dans ce monde de l’invisible qu’est la profondeur des sous-bois.

Cette plongée au cœur des souches, des mousses, des feuillus et des conifères habités de mille vies, est aussi une aventure familiale. Et le récit d’une transmission entre trois générations. De son père, Michel, Vincent a hérité une fascination émerveillée pour les yeux d’ambre du grand-duc ou la ramure couronnée du cerf. À ses côtés, il a appris à regarder les méandres des arbres ou le ballet d’un vol d’étourneaux comme un trésor rare. Lien étroit avec le vivant qu’il tente aujourd’hui de transmettre à son fils Simon, à l’orée de l’adolescence.

Trois générations au cœur d’une nature magnifiée

Dans une cabane de bûcheron éclairée à la bougie, dans cette lumière dorée des veillées de conte de fées, les deux aînés ravivent pour le plus jeune le récit de leurs rencontres inouïes, et égrènent ces instants décisifs qui ont fait basculer leur vie. Ainsi l’apparition d’un chevreuil dans le brouillard, le surgissement d’un lynx, ou le face-à-face avec le fantomatique grand tétras, oiseau aujourd’hui disparu des forêts vosgiennes dont la quête, jusque dans l’hiver glacé norvégien, se transforme en voyage initiatique offert au jeune Simon. Le volatile symbolise alors une biodiversité menacée autant qu’une obsession partagée.

Des affûts sous un entrelacs de branches aux bivouacs sous la lune dans l’herbe givrée — où il est parfois difficile pour l’adolescent de quitter la tiédeur de son sac de couchage —, ce voyage en milieu sauvage donne à voir autant qu’à ressentir les heures d’attente patiente, immobile, habitées par l’espoir de la rencontre avec l’animal. En capteur sensible de l’imperceptible, Vincent Munier nous offre ses yeux et ses oreilles pour percevoir ce qui nous échappe : ce murmure de la forêt qui se fait vacarme quand on s’efface pour mieux l’écouter, et dont les bruits nous enveloppent comme un puissant bain sonore. Tandis que les voix des guetteurs se font chuchotements, le souffle parfois en apnée.

Le photographe passé derrière la caméra sait construire ses cadres en ménageant une part de mystère. Usant comme un peintre des lumières de l’aube ou du crépuscule, il joue avec les brumes, les brouillards, magnifie les clairs-obscurs, fait scintiller le fil de soie d’une toile d’araignée, transforme les ombres chinoises d’une silhouette animale en estampe délicate. Et confère à ce vagabondage sauvage le charme d’une flânerie parmi une galerie de tableaux puisés dans la nature.

Telerama

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Podcast France Inter : Vincent Munier « J’ai voulu réveiller cette grande sensibilité qui s’est endormie en nous »