SOUDAIN



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C’est auréolé d’un double prix d’interprétation féminine amplement mérité que débarque en salles le nouveau long (très long) métrage de Ryūsuke Hamaguchi (3h16). Après Drive my Car (2021) et Le mal n’existe pas, Grand Prix du Jury à Venise en 2023, le cinéaste japonais est de retour dans les salles avec Soudain.
L’histoire — inspirée de faits réels — d’une amitié profonde et passionnante entre Marie-Lou, directrice d’un Ehpad aux méthodes de soins et d’accompagnement profondément progressistes et humanistes mais surtout au bord d’un burn-out, et de Mari, jeune metteuse en scène japonaise qui se bat contre un cancer.
Pour Samuel Douhaire, c’est un film bavard comme sait les faire Hamaguchi. Ça parle, certes, mais pas pour ne rien dire. Et c’est tant mieux, le film s’étirant sur plus de trois heures que notre critique n’a pas vues passer : « Les paroles sont passionnantes, et la mise en scène de cette parole l’est tout autant. » Il salue également, comme sa complice de studio vidéo et de bureau Marie Sauvion, la magistrale performance des deux actrices (Virginie Efira et Tao Okamoto), ces comédiennes qui ont su jouer dans une langue qui n’est pas la leur et qui ont su rendre l’émotion et l’intensité du texte.
Pour Marie Sauvion, le coup de maître de Hamaguchi est de s’affranchir de tous les formats qu’on connaît, de se débarrasser du romanesque et autres futilités. En ressort un film qui chamboule, qui peut agacer également mais qui est absolument passionnant. Et s’il peut paraître parfois trop didactique pour Samuel Douhaire, le film reste profondément politique : « Il est fort, il est puissant et il fait du bien à entendre. »
Telerama

