ALTER EGO
Les séances
Réservation : pour acheter votre place à l’avance, cliquez sur l’horaire de la séance
“Alter ego” : Laurent Lafitte stupéfiant dans ce délire délicieusement absurde
Le nouveau voisin d’Alex est Axel, son parfait sosie… mais en mieux, et avec des cheveux. Une fable à l’humour grinçant portée par un numéro comique sidérant de Laurent Lafitte dans un double rôle.
L‘an dernier, Laurent Lafitte a mis la barre du comique très haut avec son interprétation survoltée du photographe détrousseur de milliardaire François-Marie Banier dans La Femme la plus riche du monde. Ce show du comédien paraîtrait pourtant presque anecdotique au regard de sa nouvelle performance dans Alter ego.
C’est une histoire de double telle que les affectionnent les réalisateurs, plus connus sous leurs pseudonymes Nicolas & Bruno quand ils officiaient sur Canal+ avant de passer au cinéma avec La Personne aux deux personnes en 2008. Lafitte est Alex et… Axel, son sosie et nouveau voisin. Axel est une version parfaite d’Alex : il a la même maison, mais décorée avec plus de goût ; une femme (Olga Kurylenko) dont tous les hommes tombent amoureux ; il est un leader naturel que tout le monde admire ; et, surtout, surtout, ne subit pas encore les tourments de la calvitie. La jalousie maladive d’Alex vire à la paranoïa quand Axel devient son supérieur à la Cogip — l’entreprise archétypale (mais pas vraiment modèle !) popularisée par les épisodes télévisés de Message à caractère informatif il y a trente ans, et dont on ne sait toujours pas ce qu’elle produit…
Alex et Axel dans le même corps
L’univers de Nicolas & Bruno reste délicieusement absurde, avec ses détails incongrus et dérangeants, telles la fine moustache de Zabou Breitman, la patronne haut perchée de la Cogip, ou la permanente capillaire de Marc Fraize, hilarant en collègue de bureau maladroit. Leur fantastique de l’intime, désormais plus empathique à l’égard de leurs personnages, naît d’un dérèglement progressif du quotidien : bien que la ressemblance saute au visage, Alex est le seul parmi tout son entourage à voir qu’Axel est comme un frère jumeau.
Les réalisateurs poussent le délire très loin (un peu trop, même, dans la scène finale marquée par le grand guignol), avec une écriture rigoureuse et un tempo comique qui font mouche. Lafitte, lui, stupéfie par son travail sur le corps autant que par les variations subtiles de sa diction dans ce double rôle, à la fois burlesque et inquiétant. Avec une scène d’anthologie quand (clin d’œil au dialogue inaugural d’Argan avec lui-même dans Le Malade imaginaire ?) l’acteur joue Alex qui se querelle et se bat avec Axel dans un long plan-séquence…
Telerama

