CHRISTY

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Toutes les femmes se reconnaîtront à différents degrés dans ce portrait puissant et inoubliable de la boxeuse Christy Salters, un rôle pour lequel Sydney Sweeney mérite de rafler des nominations en cette saison de prix.
Disons-le, les films de boxe ont tendance à tous être bâtis sur le même modèle. Certes, on trouve plusieurs catégories de films de boxe, de l’inspirant (Rocky, Creed), au torturé (Raging Bull) en passant par le sacrificiel (Million Dollar Baby).
Mais Christy est différent. Sur le ring, Christy Salters tape fort et elle envoie au tapis toutes ses adversaires. Nous sommes à la fin des années 1980 et les femmes et la boxe… c’est encore un phénomène marginal. Pourtant, la jeune fille de 21 ans, élevée par une mère (Merritt Wever) et un père (Ethan Embry) chrétiens conservateurs (donc homophobes) de Virginie, ne se sent bien que sur un ring. Car c’est là qu’elle exorcise ses démons comme elle le dit en voix hors champ au début du long métrage.
La rage de vivre (et de vaincre)
Hors du ring, la jeune Christy a une blonde, Rosie (Jess Gabor), qui est également son amie d’enfance. Mais les ragots et la mère de Christy finissent par mettre fin à cette idylle. Parallèlement, elle est référée à un entraîneur, Jim Martin (Ben Foster), qui la considère comme une quantité négligeable (elle est une femme après tout) jusqu’à ce qu’il réalise qu’elle peut lui rapporter de l’argent.
Coincée dans un système qui ne lui permet pas d’être elle-même, Christy épouse Jim… qui se révèle un parasite contrôlant et violent. Le sort de Christy est scellé. Sur le ring, elle est inarrêtable. À la maison, elle est abusée de toutes les manières possibles. Et puisqu’il s’agit d’une histoire vraie et que les détails sont publics, sachez que Jim la laissera pour morte après l’avoir lardée de coups de couteau et lui avoir tiré dessus. Et, oui, la boxeuse (première boxeuse à avoir fait la couverture du Sports Illustrated) s’en sortira. La tête haute.
Car Christy, c’est la rage de vivre et d’être entendue, d’être vue pour qui elle est, pour ses compétences et pour ses habiletés. Pour ses différences aussi. Christy, c’est aussi la rage de vaincre tous ces empêchements d’être soi-même et d’exceller dans ce qu’on aime.
En se fondant dans ce personnage à des années-lumière de celui de Cassie Howard dans l’excellente série Euphoria, Sydney Sweeney confirme son talent de manière éclatante (elle est également la productrice de ce film). Peut-être aurait-on souhaité que le réalisateur David Michôd patine plus son long métrage et fasse de Christy une héroïne forte et inspirante. Mais son choix de montrer la sportive dans toute son ambiguïté et sa fragilité est l’unique manière de ne pas trahir la vraie Christie. Et de lui demeurer fidèle.
Le Journal de Montréal


