DE LA COMEDIE FRANCAISE

De Bertrand USCLAT et Martin DARONDEAU
Audiodescription
Réalisation : Bertrand USCLAT et Martin DARONDEAU
Avec : Pauline Clément, Laurent Stocker, Julien Frison

Durée : 1h 15min
Genre : Comédie
Pays : FR



Synopsis
Dans 3 heures, Nina dévoile sa première mise en scène à la Comédie-Française. Mais dans l’agitation des dernières répétitions, rien ne se passe comme prévu : retards, coups de stress, problèmes techniques et problèmes d’égo secouent la troupe. Pourtant, Nina n’a pas d’autre choix que d’aller jusqu’au bout car s’il y a bien une règle d’or à la Comédie-Française, c’est qu’on n’annule pas. Commence alors une course contre la montre pour sauver la représentation.

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De la Comédie-Française”, une comédie menée tambour battant par des acteurs épatants

À trois heures d’une première de “Macbeth”, la troupe du Français affronte une série de catastrophes. Rire ou ne pas rire, telle est la question…

 

« Macbeth » aura-t-il lieu ?

Top chrono : il faut moins de trois minutes à ce film pour s’imposer comme la comédie française de l’été. De la Comédie-Française débute à l’entrée des artistes, salle Richelieu, où Nina (l’irrésistible sociétaire Pauline Clément, également coscénariste ici) s’aperçoit qu’elle a oublié son badge. Sans doute Stéphane, le concierge, qui la tutoie et lui donne gentiment du « Merde » à trois heures du lever de rideau, va-t-il la laisser entrer quand même ? Jamais de la vie. « Reculez, Madame ! » glapit le cerbère, dessinant illico un caractère familier, celui de l’employé sourcilleux, auquel Guillaume Gallienne prête justement des sourcils frisant le génie à chaque froncement.

Envisager la maison de Molière comme le temple du théâtre, certes, mais avant tout comme un lieu de travail, avec son règlement, sa cantine chiche en nuggets, ses salariés et leurs travers, c’est la riche idée de cette fiction tournée au sein même de l’institution et intégralement interprétée par des membres de la Troupe. Cavalant aux basques de Nina, qui signe sa première mise en scène (Macbeth, de Shakespeare), la caméra documente un dédale rouge et or, enquille couloirs et escaliers, loges et coulisses, tandis que le scénario, ramassé sur une heure et quart, empile les problèmes : Lady Macbeth est coincée à Brest sur le tournage d’une série, la sorcière ne comprend rien à la pièce, le prince fantôme couche avec la femme d’un collègue et la trop gentille Nina se retrouve avec son bébé sur les bras.

Rire ou ne pas rire, telle est la question. Couvert de prix au Festival de l’Alpe d’Huez (pour une fois, c’est bon signe), De la Comédie-Française se hisse au sommet du divertissement grand public en moquant tendrement ses « acteurs à particule » avec un savant dosage de vacherie, de trivialité et d’admiration méritée. La coquette assumée (Marina Hands), le jeune premier superstitieux (Julien Frison), la nouvelle à l’ouest (Adeline d’Hermy) et la costumière sans filtre (Florence Viala) se nourrissent de traits et d’anecdotes vraies, vraisemblables en tout cas, servis par un tempo allègre, des dialogues affûtés, un sens du gag discret — dans l’ascenseur, on entend Radio Molière, qui joue du Lully et… du Lully.

Fidèle à la devise du Français, « Être ensemble et rester soi-même », le long métrage permet à chacun de briller au cours de la visite guidée, même si des « voleurs de scènes » scintillent plus fort. Chapeau bas, donc, à Christian Hecq en régisseur intarissable et, surtout, à Laurent Stocker, incroyable de mesquinerie gloutonne et, in fine, d’émotion démasquée. Cinq ans après Guermantes, où Christophe Honoré faisait divaguer les répétitions d’un spectacle proustien entre fiction et réalité, De la Comédie-Française célèbre sans complexe les noces de Feydeau et de Broute, la « shortcom » de Bertrand Usclat. Et lorsqu’il se risque à accueillir Molière en personne — dûment badgé — sous les traits d’un Benjamin Lavernhe à perruque, c’est pour mieux transformer un passage obligé, un poil scolaire, en délire managérial. Bien joué.

Telerama