EMPTY QUARTER
Réservation : pour acheter votre place à l’avance, cliquez sur l’horaire de la séance
Empty Quarter, Une femme en Afrique (1985) est l’un des plus beaux films qui soient sur le désir. Un homme rencontre une femme qui le trouble, l’entraîne dans un voyage de Djibouti à Alexandrie, et filme son fantasme, des images obsessionnelles, ventilateur, draps, moustiquaire, dos, nuque, robe à fleurs, pieds nus, rideau agité par la brise, porte de douche.
A demi-autobiographique, dans la mesure où Depardon évoque le désir d’une collaboratrice qui le hanta lors d’un voyage au Vietnam, Empty Quarter ne montre jamais l’homme, juste son regard sur cette femme qui se laisse voir, sa monteuse Françoise Prenant ayant accepté de jouer le jeu, de se laisser capturer, de prendre des poses désirables. De l’homme on n’entend que la voix, off, un texte écrit par François Weyergans.
Comme le dit Alain Bergala dans l’entretien avec Depardon qui figure dans le bonus, il s’agit d’un érotisme à la Roland Barthes : sans corps, sans nudité, à la lisière. C’est un film envoûtant, hypnotique, une « fiction douce » que Depardon a réalisée en admirant les plans fixes du cinéaste japonais Ozu, et dont il commente des scènes, replongé dans l’émoi.
Le Monde

