JIM QUEEN

De Marco Nguyen & Nicolas Athane
Réalisation : Marco Nguyen & Nicolas Athane
Avec : Alex Ramires, Jérémy Gilet, Shirley Souagnon

Durée : 1h 25min
Genre : Animation, Comédie
Pays : FR

Avertissement : Interdit -12

Synopsis
Jim, icône sexy de la scène gay parisienne, voit sa vie basculer lorsqu’il contracte l’Hétérose, un étrange virus qui transforme les hommes gays… en hétérosexuels ! Il voit alors tout le monde lui tourner le dos à l’exception de son dernier follower (et premier admirateur), Lucien, un jeune homme qui peine à s’assumer. Ensemble, ils partiront en quête d’un mystérieux remède capable de guérir Jim et d'empêcher l'extinction de l’homosexualité...
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“Jim Queen” : un film d’animation picaresque, drôle et engagé sur le monde gay

Panique dans les communautés gays de Paris : un virus transforme les homos en hétéros. Un regard hilarant et abrasif sur la société et la sexualité.

 

Un film français d’animation jouissif et documenté, pour un public adulte.

Drôle de feu d’artifice queer et cru, film d’animation hilarant, destiné à un public adulte, averti, Jim Queen ne ressemble à rien de connu, qui met en scène plusieurs groupes du monde gay contemporain comme autant de tribus fantastiques. Lucien, frêle jeune homme rêveur et sans expérience, vivant encore sous la coupe de sa mère autoritaire — par ailleurs, femme politique redoutable de préjugés —, va découvrir ces micro-sociétés, sur fond de catastrophe imminente. Car un mystérieux virus transforme les homos en hétéros, le drame absolu !

Jim Parfait, icône sexy de la scène gay, tout en muscles saillants, est d’ores et déjà contaminé et perd un à un, par conséquent, les followers de ses comptes Instagram ou OnlyFans. Lucien, dernier et plus grand admirateur de Jim (qui, d’abord, ne lui rend pas du tout son adoration), va faire équipe avec l’apollon en péril pour tenter de déjouer la machination à l’origine de ce « virus de conversion ». Une épopée à suspense digne de superhéros peut commencer.

Ce synopsis donne une première idée du sens de l’humour à l’œuvre ici. Mais le film conduit d’une surprise à l’autre, car, au-delà d’une sorte de dictionnaire amoureux, particulièrement documenté, d’une population, les auteurs se montrent aussi capables d’épingler, à maints égards, tous ces personnages très rares dans l’animation.

Ainsi, les hommes gays seraient étiquetés, et d’abord et surtout par eux-mêmes, selon leur morphologie et leurs goûts ; affiliés, de ce fait, à des petites chapelles (si l’on peut dire), étanches les unes aux autres : les « bears », poilus et bien nourris, les « gym queens », au corps sculpté, les « twinks » (éphèbes au look un peu androgyne, comme le héros en devenir)… Le débutant Lucien est ainsi tout déçu, lors de sa première sortie, de constater que la belle communauté LGBT + diverse et inclusive qu’il rêvait d’intégrer ne s’incarne vraiment nulle part…

Astuce et inventivité

Et si le grand méchant du film est bien « l’hétéronormativité », force réactionnaire et haineuse (véhiculée, entre autres, par la mère de Lucien), qui voudrait uniformiser la sexualité et la société, le personnage de Jim Parfait, imbu de lui-même, bien peu sympathique au début, illustre aussi la tendance d’une partie des gays à s’identifier, du moins en surface, à une masculinité dure, arrogante, clanique. En somme, le virus de l’« hétérose » peut s’interpréter de différentes manières. Jim Queen invite chacun à balayer devant sa porte. Les vannes efficaces contre les hommes hétéros (orientation revendiquée par deux des quatre auteurs du scénario) abondent aussi, et le résultat n’en est que plus drôle et partageur.

Visuellement, l’astuce et l’inventivité prévalent. Alors que le sexe est évoqué à tout moment, sans filtre ni tabou, les seules parties intimes qui, un moment, pourraient être visibles sont malicieusement floutées, comme s’il s’agissait de prises de vues réelles. Et la prostate, organe mal connu, à la source de certains plaisirs masculins, est figurée par une entité céleste dotée de la voix inénarrable du chanteur Philippe Katerine… Formés à l’école des Gobelins, les deux réalisateurs, Marco Nguyen et Nicolas Athané, ont créé une fantasmagorie hallucinante à partir de lieux (parisiens) bien réels et parviennent à distiller leur sociologie engagée dans un récit picaresque et festif.

Telerama

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Pödcast France Culture: « Jim Queen » questionne l’entrée dans la norme de la culture gay