L OBJET DU DELIT

De Agnès Jaoui
AudiodescriptionSous-titrage sourd et malentendant
Réalisation : Agnès Jaoui
Avec : Daniel Auteuil, Agnès Jaoui, Eye Haidara

Durée : 2h 14min
Genre : Comédie dramatique
Pays : FR



Synopsis
Dans les coulisses d'une ambitieuse production de l’opéra "Les Noces de Figaro", les tensions montent lorsqu’une accusation d’agression sexuelle éclate, mettant en péril la production et forçant chacun à prendre position. Les conflits d’opinion et de génération se font jour…

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Sept ans après “Place publique”, son dernier film en date, Agnès Jaoui met en scène le dissensus social autour des luttes féministes dans “L’Objet du délit”.

Actrice, scénariste et réalisatrice, Agnès Jaoui signe depuis une trentaine d’années des œuvres chorales dans lesquelles elle met en scène les petits travers et les grandes contradictions de ses contemporains. De Cuisine et dépendances à Comme une image, en passant par Le Goût des autres et Un air de famille, elle a constitué au fil des ans, et souvent avec son acolyte Jean-Pierre Bacri, une vaste comédie humaine drôle et acide.

Avec L’Objet du délit, Agnès Jaoui observe les lignes de fracture que la vague #Metoo a ouvert entre les générations. Dans les préparatifs d’une nouvelle production des Noces de Figaro, une troupe constituée de jeunes et de moins jeunes s’interroge et s’affronte autour des questions des violences sexistes et sexuelles, dans une certaine confusion – parfois drôle, parfois inquiète.

A l’origine de ce projet, il y a cette question qui taraude Agnès Jaoui – et pas seulement : “Pourquoi les droits femmes ont tant de mal à s’imposer ? Pourquoi avançons-nous si lentement ?”. Elle dit n’avoir pas su tout de suite que la réponse qu’elle y apporterait serait une comédie : “C’est en écrivant que la comédie vient. Les personnages ont des contradictions, alors il suffit de les pointer pour que ça devienne drôle.

Si Agnès Jaoui se dit féministe, et ce même lorsque certaines prises de paroles étaient encore inentendables, elle reconnait se sentir parfois dépassée par la “violence” de cette nouvelle vague : “disons que je suis très #Metoo et pas très “Balance ton porc”. Dans le milieu du cinéma, dans lequel elle gravite depuis une trentaine d’années, elle a parfois l’impression que le progressisme est de façade. “Quand j’ai commencé, on était 20-22 % de femmes réalisatrices et aujourd’hui on est encore 20-22%. Et quand Delphine Ernotte [la présidente de France Télévisions] veut mettre un quota de 30% de femmes, beaucoup d’hommes (y compris des hommes très chouettes) disent : “voilà, maintenant, il faut être une femme pour faire des films”… mais bon, ce n’est pas comme si on avait inversé complètement les choses, ou même qu’on était à 50/50.

Dans L’Objet du délit, Agnès Jaoui se refuse pourtant au pessimisme : “J’ai été traumatisée par Maupassant et Zola parce que ça se termine toujours mal. Moi je crois que tout est désespérant et puis tout d’un coup un geste, une attitude, une résistance vous bouleverse et vous donne foi en l’humanité.

France Culture