LA BALEINE ET LE MUSICIEN

De Valentin Paoli
Réalisation : Valentin Paoli
Avec : Rone

Durée : 1h 24min
Genre : Documentaire
Pays : FR



Synopsis
Après avoir découvert que sa musique semble mystérieusement attirer les cétacés, le compositeur Rone embarque pour une expérience singulière : tenter d’établir un dialogue musical en pleine mer avec une baleine à bosse. Lui répondra-t-elle ?
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Si vous n’êtes pas spécialement amateur/connaisseur de musique électronique mais que vous aimez le cinéma, vous connaissez peut-être déjà Rone grâce aux bandes originales qu’il a composées pour « Les Olympiades » et « La Nuit venue » (remportant un César pour ce dernier). Vous avez donc déjà un aperçu de son style poétique et aérien. Dès les premières minutes et durant tout le long du métrage, le documentaire de Valentin Paoli casse les clichés liés à l’électro : Rone (Erwan Castex de son vrai nom) n’est pas de ces musiciens extravagants ou déconnectés du réel. Grâce à ce film, on découvre une personnalité attachante, très ouverte au monde (aux autres comme à l’environnement) et même étonnamment modeste (là aussi, on est loin du stéréotype de l’artiste). Et comme son compatriote Thylacine (qui a notamment créé à bord du Transsibérien ou d’une caravane en Amérique du Sud), Rone s’inspire du monde qui l’entoure et ne crée pas seulement reclus dans une chambre ou un studio.

Si « La Baleine et le Musicien » est une réussite, ce n’est pas tant pour la forme (efficace mais relativement classique) que pour sa manière de lier deux thématiques à première vue incompatibles : la musique électronique et la nature. C’est donc un documentaire à la fois animalier* et musical, qui traite autant de l’acte créatif que de notre rapport au monde. Finalement, c’est avant tout un film sur l’écoute – le travail du son y est d’ailleurs remarquable. Parvenant à être poétique sans éclipser la réalité scientifique et les enjeux de biodiversité, « La Baleine et le Musicien » propose un rythme lent (mais pas mou) qui laisse toute sa place à l’attente, à la patience et même aux frustrations. Il en résulte un véritable émerveillement, avec des moments d’émotion pure – comme lors de la scène où Rone fait écouter son titre « Breathe In » (chanté par Yael Naim) aux scientifiques Olivier Adam et Beverley Ecalle.

Abus de Ciné