LA COULEUVRE NOIRE
Réservation : pour acheter votre place à l’avance, cliquez sur l’horaire de la séance
Longtemps après les avoir fuies, Ciro revient sur ses terres natales pour assister aux derniers instants de vie de sa mère. Avec son père et la dépouille, il entame la traversée d’un désert hanté par la légende de la couleuvre noire. Cinq ans après « Vers la bataille », prix Louis-Delluc du premier film, Aurélien Vernhes-Lermusiaux transforme l’essai avec une œuvre entêtante, sélectionnée cette année à l’Acid. Cette odyssée du deuil, silencieuse, lyrique, minérale et tellurique, est amplifiée par la puissance d’une mise en scène faisant de chaque paysage un écho métaphorique et poétique du récit.
Le cinéaste filme comme rarement la rocaille du décor naturel, transformant à vue par le jeu conjoint du cadre et des perspectives ses sinuosités escarpées et profondes en une créature chimérique. Il enrobe cette fable fantastique d’un mystère païen dont la beauté sidère. Et à laquelle répond la superbe bande originale des Tindersticks qui résonne ici comme une litanie porteuse de mélancolie et d’affliction. A l’heure où le septième art repose prioritairement sur la rationalité du scénario, voir un auteur s’affranchir de ce diktat pour miser sur la beauté du geste cinématographique a quelque chose d’exaltant.
Le Nouvel Obs

