LES FLEURS DU MANGUIER

De Akio Fujimoto
Réalisation : Akio Fujimoto
Avec : Shomira Rias Uddin, Shofik Rias Uddin

Durée : 1h 38min
Genre : Drame
Pays : JP, FR, MY

Avertissement : Avertissement Jeune Public

Synopsis
Dans l'espoir de retrouver leur famille dispersée, Shafi, 4 ans, et sa sœur Somira, 9 ans, quittent un camp Rohingyas du Bangladesh pour rejoindre la Malaisie. Guidés par leur regard d'enfant, ils entreprennent une traversée périlleuse.
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« Les Fleurs du Manguier » est un film retraçant le parcours de migrants. Si cela n’est pas nouveau, Michael WInterbottom l’ayant déjà détaillé dans « In This World » dès 2003 avec un périple depuis le Moyen Orient, tout comme Matteo Garrone il y a deux ans avec « Moi Capitaine« , depuis l’Afrique, Akio Fujimoto a l’originalité de filmer ce périple asiatique en se concentrant sur deux enfants. il installe rapidement la situation d’urgence à partir, les petits, affairés à leurs jeux, étant pressés de participer aux bagages, l’essentiel devant être emmené pour fuir les lieux. Quelques dialogues permettent alors de comprendre qu’il s’agit là d’une communauté musulmane, les Rohingyas, persécutés au Myanmar (ex Birmanie), leur pays a d’origine, et pas vraiment mieux traités au Bengladesh, où ils sont réfugiés. Le périple peut alors commencer, pour le père, la fille (Somira) et le fils (Shafi), ainsi que la grand-tante, dont le fils est censé les accueillir au bout du voyage, en Malaisie.

Se durcissant au fil du trajet, les conditions sont décrites dans le détail, Akio Fujimoto s’attardant autant sur les violences que sur la capacité du plus petit à créer son espace de jeu en toutes circonstances. De facture quasi documentaire, avec sa caméra portée et ses décors naturels, « Les Fleurs du Manguier » fait preuve d’une sensibilité rare due au naturel de ces deux enfants, peu à peu isolés dans un système où chacun ne lésine devant rien pour exploiter la misère de l’autre, et où même la langue devient un obstacle. Refusant tout suspense, le film capte l’essentiel, la capacité de survie, portée par la grande sœur, ou aidée par quelques unes des personnes rencontrées. Mais le sort de chacun, à l’image de la dose de chance qui est nécessaire à chaque étape, ne sera pas forcément le même. Le rire du petit garçon, lui, persiste malgré tout.

Abus de Ciné