LES SURVIVANTS DU CHE

De Christophe Dimitri Réveille
Coup de CœurAudiodescription
Réalisation : Christophe Dimitri Réveille
—
Durée : 1h 34min
Genre : Documentaire
Pays : FR



Synopsis
Après le triomphe de la Révolution cubaine en 1959, six guérilleros ont suivi Che Guevara dans sa tentative d’étendre le soulèvement au-delà de l’île. En 1967, après leur dernière bataille en Bolivie et l’exécution du Che, ces guerriers de l’ombre selancent dans un périple extraordinaire de 2 400 km à travers la Bolivie, poursuivis par 4 000 soldats en territoire ennemi dans l’espoir de rejoindre Cuba. Soixante ans plus tard, les derniers camarades survivants du Che racontent cette histoire inédite, faite d’endurance et de loyauté, dans laquelle les destins individuels ont été façonnés par les grands courants géopolitiques de la Guerre froide. Mêlant des images d’archives rares, des animations et des interviews exclusives, le film fait revivre un chapitre oublié de l’Histoire.

Réservation : pour acheter votre place à l’avance, cliquez sur l’horaire de la séance

[tableau_seances_combine]

Avec Les Survivants du Che, Christophe Réveille rejoue l’incroyable fuite des compagnons du révolutionnaire argentin, poursuivis par quatre mille soldats à la suite de l’exécution du Che en Bolivie. Un documentaire aux allures de western, qui mêle images d’archives rares, animations et interviews exclusives des survivants, soixante ans plus tard. Par Quentin Convard

Figure mythologique voire christique de la révolution et de l’anti-impérialisme, le Che aura été l’icône politique de la gauche la plus puissante du XXIe siècle aux côtés de Salvador Allende ou Thomas Sankara. Et, contrairement à ces deux derniers, il aura aussi été une sacrée icône cinématographique. Antonio Banderas, Gael Garcia Bernal, Benicio del Toro, Omar Sharif… Ils ont été nombreux à l’interpréter à l’écran. Mais aussi mythique soit-il, le Che n’a pas fait la révolution tout seul. C’est ce à quoi s’attèle Christophe Dimitri Réveille dans son documentaire : raconter le destin des quelques combattants qui ont survécu à Ernesto Guevara, raconter ceux qui ont porté sur leurs épaules cet échec de la révolution continentale.

Bolaño, Marquez et Peckinpah

Fort de son succès dans son pays, le Che veut exporter la lutte dans les pays du Sud. Par où commencer ? Le choix se porte sur la Bolivie, dont la révolte prolétaire devait rayonner sur le reste de l’Amérique latine puis, à terme, sur tous les pays du Sud. Mal préparée, lâchée par le parti communiste bolivien, incomprise des paysans sur lesquels leur tactique repose, traquée par la CIA, l’expédition bolivienne tourne rapidement au cauchemar. Le Che est blessé, capturé puis exécuté dans une école d’un village. Ses hommes sont tous décimés. Tous ? Non, une poignée d’irréductibles combattants résistent toujours. Ils sont six survivants : trois Cubains, compagnons de longue date du Che, et trois révolutionnaires boliviens, dont Inti Peredo, figure de la lutte du pays. Coincés dans les montagnes, secoués par la mort du leader, blessés, affamés, les six hommes entreprennent alors de rentrer à Cuba. Soit une fuite de 2 400 kilomètres avec toute l’armée bolivienne pilotée par les États-Unis aux basques.

C’est à cette fuite que Christophe Dimitri Réveille a décidé de consacrer son film – en s’appuyant sur le livre du même nom, écrit par l’un des survivants. Aidé de Vincent Lindon à la voix off et de séquences d’animation sobres et réussies pour illustrer le récit, le documentariste laisse surtout la place à ceux qui ont vécu cette aventure. Les guérilleros, bien évidemment, mais également l’agent de la CIA qui les pourchassait, les militaires qui leur tiraient dessus, les militants communistes boliviens ayant aidé à la fuite… Rares sont les documentaristes qui manient aussi finement le suspense, qui contextualisent aussi discrètement et efficacement l’action, qui savent distiller l’émotion tout en informant sans que cela ne paraisse trop lourd ou didactique. On en ressort avec l’impression d’avoir assisté au western fou que Sam Peckinpah aurait rêvé de faire. À un survival élégant aux dialogues ciselés et aux gunfights intermittents chers à Tarantino. À une lecture d’un livre mélancolique et optimiste teinté de surnaturel écrit par Bolaño le Chilien ou Marquez le Colombien. Les Survivants du Che ou la révolution après la défaite.

SoFilm