STAND BY ME


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“Stand by Me”, de Bob Reiner : un bouleversant adieu à l’enfance
Quatre ados se lancent à la recherche du corps d’un ado dans l’Oregon. Adaptée de Stephen King, cette fable initiatique sortie en 1986 garde un délicieux goût de madeleine de Proust. À partir de 12 ans.

Pour célébrer ses quarante ans, Stand by Me, réalisé par Rob Reiner ー mort par homicide en décembre dernier ー, et dont le titre est inspiré par le tube de Ben E. King, ressort en salles. Revoilà donc les quatre garçons de 12 ans, Gordie, Chris, Teddy et Vern, apprenant que le cadavre d’un adolescent disparu depuis quelques jours gît au fond des bois. Décidés à le retrouver avant la bande des grands frères, ils partent, à pied, en suivant la ligne de chemin de fer, à la recherche du corps. Adapté de la nouvelle de Stephen King The Body (1982), le film est visionnaire à plusieurs égards.
Dénonciation des violences faites aux enfants, comme la brûlure intentionnelle à l’oreille de Teddy par son père contre un poêle, Stand By Me apparaît ainsi comme la matrice originelle de la série ultra populaire Stranger Things, l’amitié devenant la compensation des négligences familiales, un récit d’apprentissage et de débrouille, une expérience du deuil… Gorgé de situations désopilantes et de scènes inoubliables (le concours de tarte à la myrtille, le train qui approche dangereusement, les sangsues dans la rivière), le film évoque aussi un bouleversant adieu à l’enfance.
Autour d’un feu de camp, « on parla toute la nuit de ce qui nous paraissait important jusqu’à ce qu’on découvre les filles », relate le narrateur, Gordie, devenu adulte. « Si Mickey est une souris, et Pluto un chien, c’est quoi, Dingo, vu qu’il a une casquette et un chauffeur ? », s’interrogent les gamins aux tee-shirts crottés par leur excursion au cœur des sublimes paysages sauvages de l’Oregon. Revoir le visage d’ange de River Phoenix, fauché quelques années après par une overdose à l’âge de 23 ans, dans le rôle d’un enfant cabossé, résigné à suivre le chemin fait de ronces qu’on lui prédit, est, par ailleurs, déchirant.
Telerama

