UNE ANNEE ITALIENNE

De Laura Samani
Réalisation : Laura Samani
Avec : Stella Wendick, Giacomo Covi, Pietro Giustolisi

Durée : 1h 42min
Genre : Drame
Pays : IT, FR



Synopsis
Septembre 2007. Fred, jeune Suédoise de dix-sept ans, emménage à Trieste et commence une année de terminale au lycée technique de la ville. Seule fille de sa classe, elle se retrouve au centre de l’attention, en particulier de celle d’un trio inséparable de garçons. Ensemble, ils expérimentent de nouveaux sentiments, confrontent leurs doutes, et soumettent leur amitié à rude épreuve. Cette année du bac les marquera pour toujours.

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“Une année italienne”, de Laura Samani : un formidable récit initiatique sur les vertiges de la jeunesse

Trieste, années 2000. Fredrika, Suédoise de 17 ans, débarque dans une classe de garçons. On a rarement vu une chronique d’éducation sentimentale aussi intelligente et séduisante, au casting irrésistible.

Dire d’abord, haut et fort, qu’à partir d’une histoire d’éducation sentimentale, et donc un sujet qui peut sembler rebattu, une jeune réalisatrice réussit le prodige de faire un film neuf et irrésistible de délicatesse. Nous sommes en septembre 2007, et, pour cause de mutation de son père, Fredrika, jeune Suédoise de 17 ans, se retrouve à Trieste, seule fille dans une classe de terminale de garçons au lycée technique de la ville.

Rien que la scène d’ouverture annonce l’élan dans lequel Une année italienne va nous embarquer, et ne plus nous lâcher : au son satiné de la chanson The Future, du groupe Andy Warhol Banana Technicolor, un plan-séquence nous fait monter un long escalier vers l’entrée de ce lycée Marie-Curie, puis pénétrer dans ses couloirs aux murs défraîchis, jusqu’à une porte de classe où, devant le trou de la serrure, est massée une dizaine de petits mecs en surchauffe. Derrière la porte, une fille, dont on ne voit d’abord que le dos et les cheveux châtain blond. Quand elle se retourne, on comprend immédiatement que cette jeune beauté va être la particule élémentaire, nucléaire, du film et faire mûrir en accéléré ceux qui oseront la côtoyer de près.

Après quelques blagues très lourdes, à la limite du harcèlement, Frederika acceptera le diminutif plus masculin de Fred, et trouvera progressivement sa place au centre d’un trio de potes à la vie à la mort : Antero, le baba cool romantique, Pasini, le provocateur mélancolique, et Mitis, le nounours protecteur. Début, entre cuites, fêtes et jeu « Action ou vérité » dans un « quartier général » où Fred est la première à pénétrer, d’un quatuor amical inséparable. Mais jusqu’à quand ? Jusqu’à ce que, évidemment, l’amour, le désir et le regard des autres, s’en mêlent…

Réinventer la dynamique de la jeunesse

La réalisatrice Laura Samani transpose l’action de Un anno di scuola, la nouvelle culte mais peu connue écrite en 1929 par Giani Stuparich, dans ces années 2000, où elle était elle-même élève de ce lycée, dans une ambiance à mi-chemin entre l’énergie pop et la nostalgie lascive d’une ville frontalière aux parfums maritimes et désuets. Elle dépoussière tout, réinvente la dynamique de la jeunesse, dans ses moments de complicité idéale comme dans sa cruauté, avec une douceur inédite, acidulée, et une intelligence de chaque regard, chaque dialogue, chaque étreinte. Comme si Trieste devenait la nouvelle carte du Tendre (et du triste) de ce moment d’adolescence où tout paraît éternel et rien ne l’est, où tout est léger et tragique à la fois.

Telerama